Compte rendu de la conférence "Bruxelles, ville en transition" du 21 novembre 2009
Écrit par Julien Huys Mercredi, 27 Janvier 2010 17:38
Conférence :  "Bruxelles, ville en transition. Des idées vers un quartier sans pétrole ? »
Presenté par Dries Maes
45 inscrits, 65 attendus… Et au final, plus de 100 personnes ! Voilà une initiative qui donne espoir aux personnes un minimum intéressées par l’idée qu’un nouveau genre de ville, respectueuse et non constituée de pétrole à tout va, est possible ; que nos villes doivent amorcer leur transition dans l’ère de l’après-pétrole.
Car : « Oui !! » au risque de vous surprendre, les réserves de notre énergie fossile favorite s’amenuisent…
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Après un acceuil chaleureux, Dries débuta son exposé en nous expliquant comment un mouvement non-structuré, qui fonctionne via des initiatives locales, peu constituer un atout incontestable pour agir face au défi de la réduction de notre consommation d’energies fossiles. Le cœur même de ces initiatives est, à la base, un quartier, qui œuvre pour réduire l’impact de la folie dépensière de notre si précieuse « huile de roche » sur notre climat et sur les ressources de cette matière.
Tout d’abord, pourquoi se préoccuper de la problématique de l’après-pétrole ? Parce que notre dépendance à l’or noir est telle, que la majorité des gens actuellement ne peuvent concevoir une alternative à notre mode de fonctionnement pétrolifère actuel. Nous vivons une époque où quasiment chaque chose fabriquée par la main de l’homme est composée, entre autres, de pétrole. Cette pétrochimie ambiante a fait de nous des sujets aussi enchainés à leur perte qu’un drogué l’est, du à sa prise d’héroïne.
Si nous voulons avoir une chance de résister au « Peak Oil » dont parle R. Hopkins, instigateur du mouvement des villes en transitions, il est grand tant d’opérer un changement des mentalités, rapide et radical.
Un des problèmes face à ce défi est déjà l’appréhension, la peur des gens, qui voient, à juste titre, le pétrole comme un flux vital de notre monde « moderne », qui nous permet de nous déplacer en conservant ce rapport à l’espace-temps toujours plus réduit, qui fait tourner les usines et qui par conséquent offre du travail. Ce qui est sûr, c’est que si nous ne pensons pas à des solutions ensemble et maintenant, le taux de chômage ne va pas s’améliorer lorsque le pétrole viendra à manquer ou sera impayable.
A titre d’information, Bruxelles ne dispose, en terme de réserve, dans le cas d’une pénurie de pétrole, que de trois jours d’autonomie… Cela est effrayant, sans compter que bon nombre d’hôpitaux sont sur générateurs fonctionnant au mazout, qu’une grande partie de la pharmacopée en est dépendante aussi, que les engrais sont constitués d’une part importante de pétrole,…
Sur ce dernier point, de nombreuses personnes s’accordent à dire qu’au final, nous pouvons considérer cette période de grands bouleversements, comme une chance de construire un monde nouveau, plus sain, à tous niveaux, entre autre notre alimentation, sans cesse nourrie d’engrais…
Nous devons nous réapproprier la phrase de Fatih Birol de l’International Energy Agency : « We must leave oil, before it leaves us », il nous faut trouver des solutions pour contrer cette addiction.
L’exemple fort est celui de Cuba, afin de nous inviter à la réflexion Dries nous a fait passer une projection d’un extrait du reportage « The power of community : How Cuba survived Peak Oil ». Nous expliquant que la transition fût ardue (en moyenne les habitants ont perdu 10kg sur les premières semaines), mais qu’elle n’est pas impossible.
Ce qui ressort le plus souvent lors d’un débat sur le sujet de l’après-pétrole, sont des constats du genre : « si on attend le gouvernement ce sera trop tard », « si on le fait tout seul, ce sera trop peu » et surtout « si on agit en communauté, ce pourrait être juste à temps ».
Chaque action entreprise pour répondre à cette problématique doit répondre à deux objectifs principaux à savoir, diminuer l’utilisation d’énergie fossile de la communauté locale et augmenter la cohésion de la communauté locale.
Le mouvement des villes en transitions est un phénomène organique, qui se développe à la base d’un quartier : son cœur, qui fonctionne et s’étend par des réseaux thématiques, pour échanger des idées, des savoirs faire, des outils.
Ce système fait la preuve de son développement organique rapide, car en trois ans, depuis la naissance de la première ville en transition à Totnes, Angleterre, des centaines d’initiatives se sont annoncées dans de nombreuses villes à travers le monde, afin de prendre leur futur en main, de manière responsable et solidaire. Ceci n’est pas sans rappeler la lutte des Objecteurs de croissance…
Bruxelles est riche de possibilités, nous avons des réseaux de S.E.L., les quartiers durables, les jardins communautaires avec l’a.s.b.l. « le début des haricots », de plus en plus de toits-terrasses dans le cadre d’actions d’agriculture urbaine, il y a aussi l’émergence des G.A.S.A.P. qui se font reconnaître, les achats solidaires gagnent du terrain, ainsi que les moyens de transports moins ou non polluants grâce au G.R.A.C.Q. , Cyclo, Provelo, Cambio,…
Bref, les alternatives sont présentent ou en gestation, mais le souci, pour ne pas changer, n’est pas technique, il est politique… Donc n’attendons pas le politique, prenons nos responsabilités, ensemble nous pouvons faire le choix de bâtir un monde nouveau, franchissons ensemble le cap de la transition, car le climat, lui, ne nous fera pas de cadeau, « l’on récolte ce que l’on sème… »nous dit l’adage, et ce que nous infligeons à notre environnement sera puni sévèrement si nous n’agissons pas pour trouver un moyen de rester sous la barre des deux degrés…
Après cette conférence fort intéressante, place aux ateliers de réflexions. Séparés en deux temps, le premier temps afin de participer à des débats sur un domaine, choisi par chacun, en rapport avec le concept de ville en transition, et en second lieu, l’identification des personnes faisant partie d’une même localité, d’une même commune au minimum.
Tout d’abord, une très longue page fût disposée horizontalement et divisée en 10 colonnes, nous invitant tous à inscrire nos domaines d’intérêts et à les classer de manière à obtenir 10 thèmes différents.
Il en est ressorti : 1. l’écobioconstruction, l’isolation,… 2. les soins naturels, développement personnel, écologie profonde,… 3. les outils informatiques, trouver les ressources pour un projet,… 4. les quartiers sans voitures, mobilité durable,… 5. bio-méthanisation, collecte de déchets,… 6. chauffage, énergies renouvelables, éoliennes,… 7. les économies d’énergie et d’argent par le don, la seconde vie des électroménagers,… 8. donneries, préteries, potagers, G.A.S.A.P., permaculture,… 9. gestion de l’espace public,… 10. éducation à la transition, à la décroissance,…
On peut dire que le choix ne manquait pas… !
A chaque numéro se rattache une table, afin de créer des groupes thématiques de réflexion. la « technique du papillon » est bien entendu encouragée, passer de table en table afin d’élargir ses centres d’intérêts.
Les échanges furent instructifs et conviviales, chacun apportant sa pierre à l’édifice, dans une ambiance d’écoute et d’apprentissage humain. Personnellement, j’ai choisi la table 1. écobioconstruction,… et j’en ai retiré des conseils porteurs, pour répondre à mes hésitations concernant le stand ambulant d’écobioconstruction que je dois réaliser.
Après quoi nous avons notés le nom de nos communes respectives afin de provoquer un premier contact, dans le but de convenir d’une initiative locale dans une même commune.
Après quelques tours de salle je n’ai aperçu personne de Boitsfort, à mon grand regret…
Les ateliers se sont déroulés avec une envie d’apprendre l’un de l’autre, et de créer l’un avec l’autre, ce qui me laisse à penser que je ne serai pas étonné si plusieurs de ces initiatives se concrétisent et nous montrent la voie d’un « Bruxelles en transition ».
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Sur le même sujet, consulter notre dossier complet sur les villes en transition, ainsi que le compte rendu sur la projection du film retraçant l'exemple de Cuba.



